• Guerre de Crimée

    Guerre de 1854-1856. Vers 1850, les visées de la Russie sur l'Empire ottoman, « l'homme malade de l'Europe », alarment le gouvernement britannique, qui ne peut tolérer la présence des Russes à Constantinople.

    Pourtant le tsar exige, en 1853, le protectorat de tous les orthodoxes relevant du Sultan et, devant le refus de ce dernier, envahit les provinces moldo-valaques et coule la flotte turque d'Osman Paşa à Sinop (30 nov.). Il se heurte alors à une coalition franco-britannique. En effet, Napoléon III, désireux d'effacer les conséquences du congrès de Vienne de 1815, saisit cette occasion de s'associer à la Grande-Bretagne, dont l'hostilité a été à l'origine de la chute de Napoléon Ier.

    Dans ces conditions, la querelle des Lieux saints, d'ailleurs assez aisément réglée, ne joue qu'un rôle secondaire dans le déclenchement du conflit. Sommé par les Franco-Britanniques (janv. 1854) d'évacuer les provinces danubiennes, Nicolas Ier se dérobe.

    Le 27 mars, la France et l'Angleterre déclarent la guerre à la Russie. Un corps expéditionnaire franco-anglais se rassemble à Gallipoli, sous les ordres de Saint-Arnaud et de lord Raglan, et marche, en mai, sur Varna. Les Russes abandonnent en juin le siège de Silistra et évacuent les principautés qui, neutralisées, sont confiées à la garde de l'Autriche (déc.). Une opération de diversion en Baltique permet aux Alliés d'enlever la forteresse de Bomarsund (16 août) et de bloquer Kronchtadt.

    Décimés en Dobroudja par le choléra, les Alliés décident alors de porter leurs efforts sur Sébastopol. 59 000 hommes (dont les 3/4 de Français) débarquent à Eupatoria et, après avoir bousculé à l'Alma les troupes de Menchikov chargées de les arrêter, marchent sur Sébastopol. Franchissant le Belbek et la Tchernaïa, et s'exagérant l'importance des défenses du nord de la place, les Alliés contournent Sébastopol et établissent sur le plateau de Chersonèse un vaste camp retranché au S. de la ville. Canrobert, qui a remplacé Saint-Arnaud, mort du choléra le 29 septembre, perd du temps, ce qui permet aux Russes d'organiser leur défense.

    Menchikov tente en vain de rompre les lignes alliées à Balaklava (25 oct.) et à Inkerman (5 nov.), mais ne parvient pas à ralentir les travaux du siège durant l'hiver 1854-55. Canrobert est relevé de son commandement sur sa demande et remplacé par Pélissier, le 16 mai 1855, tandis que Simpson prend la place de lord Raglan, emporté par le choléra le 28 juin.

    Les opérations actives sont marquées par la prise du Mamelon vert et des Ouvrages blancs (7 juin), le combat des Sardes de La Marmora au pont de Traktir (16 août) et l'assaut victorieux de Malakoff (Malakhov) le 8 septembre qui entraîne la chute de Sébastopol.

    La lutte cesse pratiquement après l'occupation de Kinbourn et d'Otchakov (oct.), mais le cessez-le-feu n'aura lieu que le 1er avril 1856.

    Les effectifs des Alliés ont atteint 220 000 hommes (dont 15 000 Piémontais), et les pertes totales des belligérants ont été de 240 000 tués. Le Congrès ouvert à Paris le 25 février 1856 aboutit au traité de paix du 30 mars 1856, qui entérine la défaite de la Russie.

    Cette guerre a été marquée par la puissance du feu, l'apparition du télégraphe et l'emploi d'anesthésiques en chirurgie. Sur le plan politique, l'Angleterre a bloqué la progression russe vers les Détroits ; la France de Napoléon III en a tiré un prestige moral incontestable : la honte des traités de 1815 est effacée. Le Proche-Orient et les Balkans entrent dans la sphère d'influence française. Enfin, l'intervention piémontaise a permis à Cavour de poser la question de l'unité italienne devant l'Europe. (→ congrès de Paris.)


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